Intelligence Economique et Big Data – Event Archive

La 2ème conférence de cette année a réuni une quarantaine de professionnels autour de la question du Big Data et des enjeux pour l’Intelligence économique. C’est avec attention que les participants ont écouté les interventions du Dr Julien Herzen, data scientist chez Swisscom Innovations, et d’Olivier Perez Kennedy, Fondateur de la société de communication Enigma.

Notre présidente ad interim Miki Vayloyan a tout d’abord ouvert la soirée en nous donnant des nouvelles de l’association.

Miki Vayloyan Event Big Data IE

La première partie, tenue par le Dr Herzen, a porté sur deux thématiques : l’équipe Meerkat de Swisscom puis l’utilisation du Big Data en politique. A titre liminaire, Julien Herzen a pris le temps de rappeler les différents critères qui caractérisent les Big Data comme la notion de volume qui semble être la principale caractéristique.

Le Dr Herzen a ensuite présenté les travaux au sein de Swisscom avec l’outil et l’équipe Meerkat. Le principe, simplifié ici, consiste à détecter en premier lieu les cycles de données. Swisscom reçoit des données aussi souvent qu’un utilisateur fait une action. Appel, SMS, déplacement et même changement d’antenne. Il s’agit d’une masse impressionnante d’information qui répond à des cycles à cause du rythme d’utilisation des appareils. Il est possible de suivre les cycles de transfert de données, de se rendre rapidement compte d’une anomalie, pour y remédier.

Julien Herzen Event Big Data IE

Le second volet de sa présentation portait sur le projet Mining Democracy. Le projet consistait à extraire les informations de la plateforme Smart Vote afin d’identifier le positionnement politique des citoyens. En prenant les prises de positions des élus d’une part, et celle des citoyens d’autre part, il est possible de comparer plusieurs éléments, comme la répartition des idéologies en fonction de la géographie. Ce que révèle ici Julien Herzen n’est rien d’autre que ce que n’importe quel politologue aurait pu avancer. Cependant, cette fois-ci, ce sont des données précises et concrètes qui viennent appuyer ces « suppositions ». Le Big Data offre alors un outil puissant pour comprendre les positionnements idéologiques des populations. De fait, le Dr Herzen a démontré qu’il était possible d’influencer un outil comme celui de Smart Vote en identifiant une zone idéologique « médiane » mais inexploitée. Une telle zone identifiée, il est dès lors possible de recommander à un politicien de répondre au questionnaire de manière à se positionner exactement dans la zone. Ainsi, le politicien a plus de chance de se retrouver proposé comme élu le plus proche des idées de la population.

Julien Herzen a démontré que les Big Data peuvent servir en temps réel comme pour Meerkat mais aussi pour l’analyse à posteriori. Dans les deux cas, le Big Data permet de mieux percevoir une réalité et de réagir en conséquence, sur la base d’une information fiable et concrète

En seconde partie de soirée, Olivier Perez Kennedy a présenté la démarche entreprise par sa société Enigma. Enigma exploite les réseaux sociaux et les données ouvertes pour prédire des comportements. Pour introduire son propos, Olivier Perez Kennedy a révélé qu’il aurait voulu être un Jedi, c’est-à-dire, pouvoir influencer la pensée d’une personne pour lui transmettre une idée. L’agence Enigma, dont il est le fondateur, utilise les Big Data afin de pouvoir identifier les croyances des public cibles et accompagne des marques, des institutions ou des politiques pour proposer une stratégie d’influence sur ces croyances..

Olivier Kennedy Event Big Data IE

Le concept de base consiste à récupérer de la donnée sur le comportement des usagers selon la thématique et les objectifs stratégiques. Ces données sont, par exemple, issues de Google Trends et donnent un aperçu assez précis des courants de pensées. Il s’agit ensuite de mettre en place une stratégie de réponse à ces données pour voir comment il serait possible d’influencer l’opinion des gens. Les neurosciences apportent un support supplémentaire à la démarche.

Olivier Perez Kennedy affirme que les sondages et les études de marchés sont d’une autre époque. Les Big Data permettent de dessiner la réalité de manière bien plus fidèle qu’un panel classique et à un coût différent. Enigma est fière de pouvoir parler du succès de sa méthode Morpheus, jusqu’à prédire l’élection du président américain Donald Trump, contre toute attente, et surtout tout sondage.

Comme de coutume, les présentations ont été suivies par un débat avec les participants a permis à l’assemblée présente d’approfondir les thématiques et notamment la question du biais et des risques liés à l’intelligence artificielle, la prédiction et l’autonomie des machines.

Table Ronde Event Big Data IE

Comment les chatbots percent en Suisse

Swiss, Credit Suisse, Swisscom ou encore Swissquote ont chacun lancé un chatbot. Ces petits agents conversationnels ne sont pour l’heure pas appelés à remplacer les employés physiques. Mais à les seconder. En Suisse aussi, de grandes sociétés s’intéressent depuis des mois aux chatbots et ne cessent de les développer, que ce soit sur Messenger ou sur leur propre site web.

Credit Suisse

La banque multiplie les chatbots pour ses clients… et ses collaborateurs. Ainsi, depuis décembre 2017, «Amelia» prend en charge, à l’interne, les demandes adressées à son service d’assistance informatique. Le service, qui explique notamment aux employés comment réinitialiser leur mot de passe, a déjà répondu à plusieurs dizaines de milliers de questions depuis son introduction.

Swissquote

Aujourd’hui, le chatbot de Swissquote, uniquement présent sur sa plateforme mobile, permet à l’utilisateur de se renseigner sur le prix d’un titre et de rechercher des titres en utilisant différents critères, comme la devise de cotation ou le marché. «Nous continuons nos études pour étendre ce service et permettre à nos clients de poser des questions plus en lien avec le monde de la finance, comme par exemple donner la liste des sociétés suisses qui paient le meilleur dividende», explique une porte-parole.

Swisscom

L’opérateur télécom propose un chatbot, appelé «Cara», pour les clients de sa filiale Wingo. Depuis décembre 2016, il s’adresse surtout aux clients qui cherchent un interlocuteur entre 18h et 9h. Mais c’est en interne que les chatbots sont les plus utiles chez Swisscom. Le système Cosmos a appris, via le machine learning et l’aide des employés physiques, à identifier les demandes transmises par des clients privés sous forme de texte libre (e-mail, fax, lettre, formulaire en ligne).

Swiss

Swiss a lancé un test en novembre 2017 auprès d’un petit groupe d’utilisateurs. Inséré au sein de Messenger, il permet de modifier les réservations de vol, de consulter le statut de son vol, de modifier sa réservation en cas d’imprévus ou encore d’effectuer un retour d’information auprès de la compagnie. Pour l’heure, lors de ces tests, quelques utilisateurs ont modifié leur réservation.

Source : Le Temps

Les grandes entreprises suisses ne sont pas irréprochables en matière de protection des données

On s’en doute, les entreprises n’apprécient guère de devoir se soumettre à un règlement qui leur impose de revoir une part parfois importante de leurs pratiques. Mais il en va de leur crédibilité et de leur image. En Suisse, certaines grandes entreprises sont loin d’être irréprochables. Comme l’a montré la semaine passée une enquête de la FRC, Migros et Coop ont déjà de la peine à respecter la loi suisse sur la protection des données: il leur a fallu entre deux et trois mois pour donner suite à un consommateur qui faisait valoir son droit d’accès aux données personnelles. Et les informations reçues n’étaient pas précises et peu claires.

En parallèle, la RTS révélait récemment que Coop n’entendait pas appliquer le RGPD à ses clients suisses, tout comme La Poste et Swisscom. Ces entreprises ne sont pas obligées de le faire. Mais elles ont pourtant un devoir d’excellence vis-à-vis de leurs clients.

Source : Le Temps