Crypto : le leadership de la Suisse en péril

Emblématiques du boom des cryptomonnaies, les levées de fonds en jetons (tokens), soit les ICO (Initial Coins Offering), connaissent un essor spectaculaire. La Suisse était jusqu’à peu à l’avant-garde de ce phénomène après avoir hébergé 4 des 10 plus importants ICO jamais réalisés. Cependant, sur les cinq premiers mois de 2018, la Confédération a été reléguée au sixième rang mondial.

Différentes nations ont réalisé des percées fulgurantes, comme le montre une étude signée PwC. En 2017, la Suisse se hissait à la deuxième place derrière les Etats-Unis et devant Singapour. Le pays jouissait encore d’un statut de Mecque des cryptomonnaies obtenu notamment lorsque Vitalik Buterin a choisi Zoug pour créer sa Fondation Ethereum, en 2015.

Mais depuis, d’autres places ont avancé leurs pions. Lors d’un ICO effectué ce début d’année, Antoine Verdon a levé 25 millions de dollars avec son partenaire Patrick Allemann pour leur startup Proxeus. Le Vaudois d’origine témoigne: «Malgré l’expérience dont disposent les acteurs locaux, nous avons choisi le Liechtenstein au moment de préparer notre ICO à la suite d’échanges très positifs avec le régulateur local.»

48 ICO ont levé un volume de 507 millions de dollars

A l’origine du think tank 2B4CH, Yves Bennaïm se montre sévère: «Zoug s’est autoproclamé «Crypto Valley». C’est du bluff car la Suisse n’a jamais été à l’avant-garde. Ce sont des avantages en matière de discrétion, de taxation et de facilité administrative qui ont joué. Mais en matière d’ouverture à la cryptoindustrie, d’autres places sont bien plus intéressantes.»

Le bond de compétitivité se fait immédiatement sentir car dans un secteur immatériel comme la crypto, déplacer un siège ne pose plus aucune difficulté. «Plusieurs équipes basées à Zoug ont déjà déménagé. Les programmes créés par des pays comme Singapour sont très attractifs», confirme Antoine Verdon. Fondateur du négociant en bitcoin SBEX (devenue bity), Alexis Roussel nuance toutefois: «Une cinquantaine d’entreprises sans compte bancaire mais avec un capital en cryptomonnaies ont été créées ces six derniers mois. Peu de pays en font autant. Le nombre de nouveaux emplois progresse toujours.»

Toujours est-il qu’en 2018 en Grande-Bretagne, 48 ICO ont levé un volume de 507 millions de dollars. Londres devance ainsi la Suisse qui affiche seulement 28 ICO totalisant 456 millions de dollars. La rivalité historique entre les deux places financières s’étend maintenant à l’univers de la crypto. Les auteurs de l’étude PwC parlent d’une pression énorme s’exerçant sur les lieux en compétition. Les milliards de dollars levés par EOS et Telegram, respectivement aux îles Caïmans et aux îles Vierges britanniques, ont ainsi propulsé ces lieux en tête du classement mondial. Parallèlement, les Etats baltes ainsi qu’Israël et Hongkong attirent de gros volumes.

«Ces sites ont réagi très rapidement aux nouvelles opportunités. Les petits pays peuvent en général se montrer plus agiles», observe Daniel Diemers, de PwC. Autre coauteur de l’étude, Günther Dobrauz prolonge: «La plupart de ces pays ont copié des facteurs de succès helvétiques. Ce qu’ils apportent de plus, c’est un soutien fort et cohérent de la part de leur gouvernement au complet.» C’est ainsi que Malte a très vite acquis un statut en vue. «L’archipel a agi en prenant position, alors que Berne continue à discuter sans s’engager. C’est sur cette différence que les entrepreneurs et les investisseurs sélectionnent un site», ajoute un observateur.

Imiter Singapour ou Dubaï?

La montée en puissance de l’Estonie, de la Lituanie et d’Israël montre qu’il n’est pas indispensable d’être une place financière. «Nous vivons les débuts d’une industrie qui va bouleverser l’économie, comme internet l’a fait à la fin des années 1990. Les pays qui marquent des points disent ceci: on ne sait pas encore à quoi l’avenir va ressembler mais nous nous engageons à soutenir les entrepreneurs de la crypto et garantissons que nous ne ferons pas machine arrière», analyse Yves Bennaïm.

En Suisse, en revanche, l’incertitude reste totale. «Essayez de parler de cryptomonnaies avec un banquier genevois. C’est comme si, à la fin du siècle dernier, vous évoquiez le potentiel du courrier électronique avec un postier et que celui-ci concentre son attention sur le format futur des enveloppes», déplore le même observateur.

Antoine Verdon détaille: «La Suisse a réussi à créer un cadre de régulation relativement clair, mais il y a encore des problèmes à résoudre. Les banques ont besoin de lignes directrices pour savoir à quelles conditions elles peuvent accepter les fonds issus des ICO.» Il est indéniable que le profil des cracks de la crypto surprend le monde de la finance. Ce sont des «adolescents ukrainiens», des «Chinois basés à Malte» ou encore de «vieux punks alternatifs libertariens californiens».

«Concernant les talents, on pourrait prendre exemple sur Singapour qui offre une grande liberté, ajoute Antoine Verdon. Ici, nous venons de recruter une programmeuse chinoise spécialisée dans les «smart contracts», qui a effectué son travail de doctorat à l’EPFZ. Nous avons dû nous battre pendant des mois afin d’obtenir une place dans les quotas.» Yves Bennaïm évoque une piste pour faire évoluer le cadre législatif: «Des cantons comme Zoug, Neuchâtel, le Tessin et Genève pourraient former une alliance capable de faire comprendre les priorités aux autorités nationales.» Quant à Antoine Verdon, il préconise d’«imiter Dubaï et de lancer un programme d’adoption des technologies blockchain au niveau gouvernemental.»

Source : Bilan

Stadt Zug macht sich fit für Blockchain-Abstimmungen

Blockchain-Technologie für die Demokratie, sprich Abstimmungen: Das erprobt die Stadt Zug in einem Versuch. Die Regierung will die Technologie in den kommenden Jahren bei öffentlichen Abstimmungen einsetzen.

Der Versuch, der in Zug zwischen dem 25. Juni und dem 1. Juli über die Bühne geht, besteht zunächst aus einem unspektakulären Fragebogen. Die Einwohner können eine digitale Identität eröffnen und via diese eID ihre Meinungen äussern. Etwa, ob sie am jährlichen Stadtfest gerne ein Feuerwerk sehen möchten.

Mit dieser und anderen Fragen soll überprüft werden, ob das System funktioniert und wo allenfalls Fehler auftauchen.

Zugs Stadtpräsident Dolfi Müller hat aber mehr im Sinn: Seine Stadt, im Herzen des “Krypto Valley” gelegen, dem Schweizer Silicon Valley, soll künftig verstärkt auf die Blockchain-Technologie setzen, nämlich auch bei Abstimmungen. Das Merkmal von Blockchain: Daten können dezentral gespeichert und verteilt werden.

Das System verspricht auch, die Anonymität der Stimmbürgerinnen und Stimmbürger besser zu wahren. Denn es gebe Nutzern die vollständige Kontrolle über ihre Stimmdaten.

Dies beinhaltet auch die Möglichkeit, die eigene Spur zu löschen, die man mit der Teilnahme an Abstimmungen und Wahlen hinterlässt. Dabei bleibe aber, so die Experten, das Gesamtergebnis erhalten.

Source : Swissinfo

‘Crypto Valley’ Zug to trial blockchain voting

Zug will allow residents to take part in a blockchain-based test vote later this month, as the Swiss city mulls whether the technology can be used on a broader scale.

The small scale consultative vote will utilise the city’s eID system, which was set up in November of last year and currently counts around 200 users. Voters will be able to vote via their smartphones by downloading the existing uPort app to register.

The move is another example of Zug’s welcoming attitude towards blockchain and the cryptocurrencies that run on the platform. Zug is already home to several blockchain start-ups, earning it the name “Crypto Valley”. The city also accepts payments for some services in cryptocurrencies.

Zug introduced its eID system to allow citizens digital access council services in a pilot phase starting last autumn. The system went further than others in use in Switzerland by putting it on the blockchain – a decentralised database that grants users full control over their data.

Source : Swissinfo