Quel impact en Suisse avec l’arrivée d’Amazon sur le marché ?

Amazon, une multinationale à laquelle rien ne résiste

Amazon n’a plus rien de la librairie en ligne qui effectuait ses débuts en juillet 1995. Créée un an plus tôt par Jeff Bezos, la société est devenue une multinationale qui ne cesse de dévorer de nouveaux marchés. Vidéo en ligne, livraison de nourriture à domicile, assistants personnels intelligents, conseils vestimentaires… Rien ne résiste à Amazon, forte de plus de 540 000 employés et qui n’a pas peur de se confronter à d’autres multinationales bien établies.

Amazon, c’est d’abord un monstre de la logistique dont la taille est symbolisée par un chiffre : 32. C’est le nombre de Boeing 767 que possède désormais la multinationale pour acheminer au plus vite les articles entre ses dizaines de centres de distribution sur la planète. La multinationale ne dit pas combien d’objets elle envoie par an. Mais il y a une semaine, elle dévoilait un chiffre révélateur de sa puissance: en 2017, elle a expédié cinq milliards d’articles à ses clients abonnés à son service Prime, qui coûte 49 euros par an – il n’est pas encore disponible en Suisse.

Source : Le Temps

Ce que l’arrivée d’Amazon va bouleverser en Suisse

Le numéro un mondial de l’e-commerce s’apprête à ouvrir une antenne en Suisse. Les clients seront livrés en 24 heures et verront la taille de l’assortiment exploser. Ses concurrents locaux s’estiment armés pour lui faire face.

Concrètement, les consommateurs n’auront plus besoin de passer par les portails des pays limitrophes (France, Allemagne, Italie) pour commander des produits. Cela signifie que la gamme va s’élargir, puisque jusqu’ici certains fournisseurs utilisant la plateforme d’Amazon ne livraient pas en Suisse. Surtout, «les livraisons pourront être encore plus rapides», souligne Dominique Locher. Pour l’ex-patron de la filiale de vente en ligne de Migros, LeShop.ch, «Amazon s’inspirera certainement de Zalando pour le dédouanement des produits et pour leur retour si les clients ne sont pas satisfaits».

Pour les détaillants, l’arrivée d’Amazon peut aussi constituer un coup de pouce. «Ce sera une opportunité pour les détaillants suisses qui souhaitent vendre leurs produits sur la plateforme», considère Isabelle Ohnemus, directrice générale et fondatrice d’EyeFitU, une application qui permet d’«essayer» virtuellement des habits en donnant ses références de taille avec précision. D’autant qu’ils pourront profiter de l’expertise du géant américain dans l’utilisation des données pour connaître les clients et leurs intérêts, a ajouté celle qui s’exprimait à une conférence sur l’e-commerce organisée la semaine dernière à Berne par Netcomm.

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Ne surtout pas sous-estimer l’impact d’Amazon

Ce n’est qu’une question de jours, voire de semaines. D’ici peu, Amazon sera officiellement présent en Suisse. A première vue, cette arrivée n’est pas susceptible d’inquiéter les acteurs helvétiques du commerce de détail : la multinationale américaine n’aura très certainement pas de centre logistique en Suisse, ne livrera pas de nourriture et ne possédera pas de magasin physique. Mais sous-estimer son arrivée serait une grave erreur.

Car Amazon va introduire un niveau de service avec lequel de nombreux détaillants suisses auront de la peine à soutenir la comparaison. Via un accord avec La Poste, la société livrera de nombreux produits le lendemain, voire le surlendemain – à peu de frais ou gratuitement. Elle mettra à la disposition des consommateurs suisses un catalogue de plusieurs centaines de millions de produits. Via son abonnement Prime, elle permettra d’écouter de la musique et de regarder des vidéos de manière illimitée.

Le consommateur suisse est conservateur, achète encore peu en ligne et aime les magasins physiques. Mais cela ne saurait durer. Amazon va donner un coup d’accélérateur à l’e-commerce en Suisse en fixant un nouveau seuil en termes de rapidité, de choix et de services. Et les victimes seront nombreuses. L’annonce récente, par Migros, de la fermeture de 43 de ses 57 magasins ExLibris n’est qu’un avant-goût de ce qui se profile.

Source : Le Temps

 

Géopolitis – Géants du Net, quel contrôle ?

Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft, ces géants ont profondément transformé l’économie mondiale. Les Etats peuvent-ils reprendre le contrôle sur ces empires désormais accusés de pervertir les démocraties ?

“La frontière entre le vrai et le faux, le réel et l’imaginaire va s’affaiblir de plus en plus”, analyse Jacques Attali, invité de Géopolitis. L’économiste et écrivain français évoque les dérives sur ce qu’il nomme “le septième continent”, ce continent numérique peu à peu colonisé par des géants d’internet. Les plus connus, les GAFAM américains, qui forment l’acronyme de Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft, “ont fabriqué des logiciels qui leur échappent”, dit-il. “Il est déjà possible de diffuser sur les réseaux sociaux des faux discours du président américain, où l’on voit ses lèvres bouger et dire des choses qu’il n’a pas dites.”

Une manière de contrôler ces empires numériques pour les Etats, c’est la lutte contre l’optimisation fiscale et la concurrence déloyale. L’Union européenne voudrait ainsi contraindre les géants du net à payer des impôts là où ils réalisent leurs affaires et éviter que leurs bénéfices ne soient systématiquement transférés vers l’Irlande, le Luxembourg ou d’autres paradis fiscaux. En juin dernier, la commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager a même infligé à Google une amende record de 2,42 milliards de dollars pour abus de position dominante.

Mais Google ou Facebook domineront-ils encore le continent numérique en 2030? “Le plus vraisemblable est que certains d’entre eux seront remplacés par d’autres. On peut imaginer un scénario dans lequel les gens n’ont plus envie d’aller sur Facebook parce qu’ils n’ont simplement plus envie de tout faire connaître d’eux-mêmes”.

Source et lien vers l’émission : Geopolitis

La Suisse participe aux travaux menés par l’OCDE pour la taxation des GAFA

De plus, en matière de TVA, le droit suisse est déjà bien en ligne avec les recommandations internationales. Pour le reste, notre pays n’a aucun intérêt à adopter des mesures unilatérales et doit plutôt militer en faveur d’un consensus multilatéral. A mon avis, la Suisse, qui dispose d’une grande expérience en matière de coordination et de répartition de l’assiette fiscale sur le plan national et international, pourrait jouer un rôle moteur dans ce dossier. Dans cet esprit, le Centre de politique fiscale de l’Université de Lausanne met actuellement sur pied un observatoire international consacré à la fiscalité du numérique afin de contribuer aux discussions au niveau global.

Source : Le Temps