Cryptographie et enquêtes criminelles

Les attentats ou les faits criminels passent tous par une étape numérique: il y a toujours un smartphone ou un ordinateur portable saisi. Mais ces derniers sont verrouillés. Les données sont chiffrées à l’aide de cryptographie inviolable. Et l’enquête piétine.

On perd plus en sécurité à limiter la cryptographie que l’on peut gagner éventuellement par la capture d’un terroriste. Forcer les fabricants de téléphone à prévoir un moyen de déchiffrer leur contenu ou de les déverrouiller, sur demande, c’est mettre au point un mécanisme qui doit être sûr et incassable pour des centaines de millions d’appareils, les tester tout en évitant l’obsolescence.

On oublie que les données chiffrées ont été créées par un humain. C’est lui la solution. On peut le forcer à donner son empreinte pour débloquer son appareil (ce n’est pas l’obliger, comme pour le mot de passe, à témoigner contre lui-même). Aujourd’hui, les enquêtes progressent le plus en jouant sur ce facteur, en piégeant la cible, en détectant son PIN, en injectant une vulnérabilité connue dans son appareil. C’est plus simple et moins cher que de développer une nouvelle vulnérabilité que les autorités se feront toujours voler ou de demander aux fabricants de prévoir une porte dérobée qui sera publique tôt ou tard. Savoir où un suspect a été, avec qui il a communiqué est parfois plus utile. Et ça, ça n’est pas chiffré.

Source : Le Temps

Studie «Sicherheit 2018» sichere, vertrauensvolle und armeefreundliche Schweiz

Die Schweizer Stimmbevölkerung fühlt sich sehr sicher, blickt der Zukunft der Schweiz signifikant optimistischer entgegen und vertraut den Schweizer Behörden und Institutionen überdurchschnittlich stark. Gegenüber der Schweizer Armee ist die Bevölkerung positiv eingestellt. Der Terrorismusbekämpfung, auch unter Einschränkung persönlicher Freiheiten, messen Schweizerinnen und Schweizer hohe Priorität zu. Dies zeigen die Resultate der Studie «Sicherheit 2018» der Militärakademie (MILAK) an der ETH Zürich und des Center for Security Studies, ETH Zürich.

2018 fühlen sich Schweizerinnen und Schweizer sehr sicher. Das allgemeine Sicherheitsempfinden ist mit 95% sehr hoch. Zudem fühlt sich die Schweizer Stimmbevölkerung im öffentlichen Raum signifikant sicherer (83%, +4%) als noch 2017. Gegenüber dem Vorjahr beurteilen 2018 signifikant mehr Schweizerinnen und Schweizer die Zukunft der Schweiz optimistisch (87%, +5%).

Source : Bund

Sécurité en Suisse – Rapport de situation du SRC 2018

Depuis le 1er septembre 2017, le Service de renseignement de la Confédération (SRC) dispose avec la loi sur le renseignement de nouveaux outils lui permettant d’identifier et de prévenir les menaces pesant sur la sécurité intérieure et extérieure de la Suisse. Instrument décisif pour l’orientation de la politique de sécurité, le rapport de situation annuel du SRC décrit pour la première fois les mesures de recherches soumises à autorisation qui ont été mises en œuvre en 2017, dans un environnement stratégique où la menace terroriste demeure élevée et où les cyberrisques et les activités d’espionnage ne cessent de croître.

Les défis auxquels les organes en charge de la politique de sécurité sont confrontés se complexifient, une tendance qui se caractérise par la hausse du nombre d’acteurs déterminants dans ce domaine, la fragmentation du contexte de la politique de sécurité et par le fait que l’environnement stratégique de la Suisse est marqué par les pressions exceptionnellement élevées que font peser sur l’Europe diverses situations de crise. Dans l’édition 2018 de son rapport de situation, le SRC a choisi de mettre l’accent sur la Russie, dont les relations avec l’Occident transatlantique ne cessent de se dégrader, une évolution qui n’est pas sans préoccuper la politique de sécurité suisse. Dans un tel contexte, les opérations d’information revêtent également une importance accrue. La lutte contre le service de renseignement prohibé est toujours d’actualité, qu’il s’appuie sur des moyens traditionnels ou prenne la forme d’actes de cyberespionnage, avec une pression exercée sur les informations dignes de protection qui ne faiblit pas. L’espionnage demeure un instrument utilisé par certains Etats afin d’acquérir des informations. Il est aussi pratiqué en Suisse – pas seulement contre la Suisse mais aussi contre des organisations internationales ou des organisations non gouvernementales (ONG) ayant leur siège dans notre pays. Les activités de sabotage dans le cyberespace suscitent de plus en plus une attention globale. Les Etats qui disposent de cybercapacités offensives propres poursuivent leur développement de manière intensive.

L’évaluation de la menace terroriste demeure élevée dans notre pays, à la lumière des attentats dont l’Europe a été le théâtre ces derniers mois. Les modi operandi de ces actes confirment les prévisions du SRC: ils sont le plus souvent le fait d’individus isolés ou de petits groupes, qui se sont radicalisés sans forcément opérer un voyage en zone de conflits.

Source : Bund