Soirée “Bureau des légendes” avec Alain Mermoud

Les renseignements français, dont la série raconte les tribulations fictives, s’inquiétaient de menaces pesant sur l’équipe. «J’étais sidéré», raconte Alex Berger: «Ils nous ont briefés pour un protocole de sécurité. Il fallait tout anonymiser. Je devais changer tous les noms, mettre des pseudonymes sur tous les plans de service, ne laisser aucun nom réel… On nous expliquait que certains pouvaient vouloir s’en prendre à la DGSE, et pour l’atteindre, ils pourraient s’en prendre au Bureau des légendes…»

Bureau des légendes

Le télescopage avec le réel est vertigineux. La série devient une cible comparable à l’institution qu’elle conte. Son réalisme l’identifierait presque à son modèle. Autre invité, Alain Mermoud, collaborateur scientifique à l’Académie militaire de l’EPFZ et président de l’association Swissintell, apporte son expertise: «La série est d’un très grand réalisme, notamment parce qu’elle ne s’intéresse pas seulement aux gens de terrain, mais aussi à toute la dimension de bureau, devant des écrans, pour l’analyse de données, ainsi que l’attente dans le cas de certaines surveillances… Le côté ennuyeux du domaine, en fait.» Questionné sur d’éventuels décalages face au réel, il n’en voit pas, «hormis peut-être la durée des missions, qui semblent plus longues qu’en réalité».

Bureau des légendes - Alain Mermoud

Alex Berger relate la précision du protocole établi avec la DGSE, laquelle relit tous les scénarios à leur état final, dans le cadre d’une procédure précise: indiquer ce qui ne serait pas plausible, et signaler s’il y a un point problématique – «ce cas-là ne s’est produit qu’une seule fois, à propos du nom d’un personnage». Les coulisses complexes de ce grand feuilleton, réellement aux prises avec sa matière.

Bureau des légendes - Alain Mermoud

Source : Le Temps

Les espions chinois font du repérage sur les réseaux sociaux

L’internet sert aussi à recruter des taupes. Les espions «recoupent différentes informations sur les réseaux sociaux, en particulier LinkedIn, pour déceler les profils susceptibles de révéler des informations stratégiques sur les entreprises ou milieux académiques où ils travaillent», dit Alain Mermoud, président de Swissintell, une association suisse de professionnels de l’intelligence économique.

Leur cible préférée? «Le cadre frustré qui vit en désaccord, voire en conflit, avec son employeur.» Les Etats-Unis, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont tous identifié des tentatives de recrutement sur LinkedIn menées par des agents chinois. De même que la Suisse: dans son rapport 2018, le Service du renseignement de la Confédération (SRC) constate «une activité accrue des groupes de hackers chinois à l’encontre d’intérêts suisses». Sont visées les entreprises exportatrices et les organisations internationales siégeant en Suisse.

Source : Le Temps

Le renseignement suisse passe à l’offensive

«Nous devons désormais être clair avec les Russes: nous avons les capacités de voir ce qu’ils font et nous les utiliserons pour contrer leurs opérations», a-t-il prévenu. Sans cette loi, le SRC n’aurait par exemple pas pu collaborer aussi efficacement pour déjouer la tentative russe de piratage du laboratoire de Spiez en mars dernier. A l’orée des prochaines élections fédérales de 2019, il a par ailleurs révélé surveiller les agissements de Moscou quant à de potentielles tentatives d’influence politique en Suisse.

Face à la recrudescence des menaces et aux «lourdeurs bureaucratiques» exigées par la LRens, des «mesures urgentes» ont d’ores et déjà été prises pour que, dès avril 2019, le Centre fédéral de situation (CFS) soit opérationnel 24h/24. «Deux personnes ont été embauchées et 26 postes supplémentaires seront prochainement mis au concours dans le domaine cyber/contre-espionnage», a souligné le patron du renseignement. Et ce n’est pas tout, puisqu’un nouveau rapport sera remis au Conseil fédéral en fin d’année pour présenter les «besoins du service»: «Nous n’avons pas assez de personnel opérationnel et nous sommes sous pression, notamment de la part des cantons, a souligné Jean-Philippe Gaudin, sous le regard bienveillant du conseiller fédéral en charge de la Défense, Guy Parmelin, dont il est notoirement proche.

Source : Le Temps