Avis sur l’externalisation de la transition numérique au privé

La Suisse n’a pas besoin d’un parc d’attractions numérique, mais d’une gouvernance durable et responsable de sa transition numérique, affirme Jean-Henry Morin, professeur associé à l’Université de Genève.

Un déséquilibre dangereux apparaît clairement entre un vide sidéral laissé par les pouvoirs publics et l’économie privée, dont la propension naturelle à minimiser l’intervention de l’Etat, et donc à s’y substituer sous la bannière de l’autorégulation, grandit. Ce déséquilibre en matière de gouvernance numérique est à la défaveur du développement durable et responsable d’une société.

Ne nous méprenons pas, il ne s’agit pas ici de faire l’apologie d’une doctrine anti-libérale mais bien de recadrer ce que devrait être un projet de société vis-à-vis de l’enjeu crucial d’un agenda numérique national. Il est bien question d’équilibrer trois dimensions: la société, les pouvoirs publics et l’économie. Bien entendu, l’économie joue un rôle très important dans cet équilibre et nous ne pouvons que saluer la mobilisation de Digitalswitzerland sur ce plan-là. Par contre, il n’est pas tolérable que par incurie et défaut de responsabilité, la partie régalienne de cette tâche soit abandonnée (ou externalisée) à la partie ayant un intérêt prépondérant à ce que les pouvoirs publics n’interviennent que le moins possible dans ses affaires.

Source : Le Temps

 

 

Faut-il interdire le ciblage politique sur les réseaux sociaux ? – Podcast

Aux Etats-Unis, plus de 250 millions de dollars ont été dépensés en publicités politiques sur Facebook ces 6 derniers mois, selon un rapport du réseau social. Débat entre Arnaud Dufour, enseignant à la HEIG-VD et Nicolas Tripet, expert en communication digitale et conseiller communal PLR à Lausanne.

Source : FORUM RTS

Les détectives privés se rebiffent face aux critiques

Concernés au premier plan par le référendum sur la surveillance des assurés contre la fraude, les détectives privés réagissent avec colère à l’image négative que donne d’eux la campagne référendaire menée par une partie de la gauche. Ils rejettent l’idée qu’on leur accorderait des pouvoirs plus étendus qu’aux policiers, tout en se défendant de s’introduire dans la vie privée des gens.

Le détective est mandaté pour suivre la personne assurée, généralement pendant quelques jours. Il constate que tous les matins à 6 heures, Monsieur X prend sa voiture et se rend près d’un chantier. Depuis la rue, il le voit soulever des madriers. Le soir, la cible fait de la musculation sur son balcon, clairement visible depuis la terrasse d’en face. Le détective photographie et filme tout en consignant les informations. «Dans nos rapports, nous n’incluons que des faits, sans formuler de jugements. Notre but n’est pas de chercher des preuves à tout prix pour faire plaisir à notre client», déclare Christian Sideris, de l’agence genevoise Seeclop. D’après Léonard Bruchez, les assureurs n’ont pas attendu la loi pour instaurer des réglementations strictes: ses clients lui interdisent tout enregistrement visuel et sonore à l’intérieur de la sphère privée.

Au-delà des réglementations formelles, l’éthique demeure une boussole à laquelle il s’agirait de se fier. «Il est impensable de filmer quelqu’un à travers une fenêtre, quand bien même ce serait légal», affirme Thomas Carrecabe.

Source : Le Temps