ZURICH WEEKLY EVENT : Cyber Sovereignty & Cyber Defence – an economic perspective – 18.09.2018

All Swissintell members are kindly invited to attend as auditor the free of charge ETH Zurich course 853-0102-00L Military Business Administration II – Case Examples. The lecturer is our President, Alain Mermoud. This weekly course is starting on September, 18 and takes place every Tuesday from 10am to 12 in the room C33 of the building IFW, Haldeneggsteig 4, 8092 Zurich.

The lecture is in German and the lecturer can answer questions in English or French.

The program focuses on an analysis of hybrid warfare against Switzerland. Three main Topics are highlighted:

  • Cyber defense
  • Security of critical infrastructures
  • Security of supply

The program of the course is organized into 14 units of 90 minutes each. The units combine the elements of lecture (where analytical concepts are taught) and application (where these concepts as applied). Additionally, guest lecturers will hold talks on selected issues on following dates:

The learning material is based on the following document (click to download).

L’Intelligence Economique : du renseignement militaire au renseignement privé – Event Archive

Alain Mermoud – collaborateur scientifique à la chaire Economique de Défense de l’ACAMIL, et doctorant en systèmes d’information à HEC Lausanne – a tenu, le 24 mai 2016, une conférence intitulée “L’intelligence économique : du renseignement militaire au renseignement privé”.

Alain Mermoud Event IE Renseignement

Avant la présentation, le président de notre association Jens Thieme est brièvement intervenu pour présenter le rebranding et la nouvelle stratégie de Swissintell. Il a également appelé à plus d’engagement de la part des membres afin de faire de Swissintell une véritable organisation nationale d’influence.

Jens Thieme Event IE Renseignement

Contrairement à l’espionnage industriel, l’intelligence économique (IE) collecte, traite et diffuse des informations utiles aux acteurs économiques uniquement par des moyens légaux. On peut résumer cette démarche sous la forme d’une équation :

compétences + information = décision + actions

La définition la plus simple de l’IE est : la bonne information, à la bonne personne, au bon moment, et d’une manière sûre. L’IE repose sur trois piliers fondamentaux : la veille, la protection, l’influence.

  1. La veille peut être active ou passive (défensive) et se focaliser sur l’aspect stratégique, juridique, sociétale, ou concurrentielle de l’entreprise. Il s’agit ici de structurer une démarche prospective pertinente qui puisse servir à orienter la décision et l’action. La veille repose sur le cycle du renseignement bien connu des militaires : (a) analyse des besoins, (b) collecte, (c) exploitation, (d) diffusion.
  2. La protection du patrimoine informationnel englobe les stratégies de produits, les savoir-faire, les compétences, la propriété intellectuelle, les brevets, la réputation, la technologie, les processus de production, etc. En termes militaires, on parle aujourd’hui de force protection (FP).
  3. L’influence consiste à diffuser des informations ou des normes de comportement et d’interprétation favorisant la position stratégique de l’entreprise à long terme. Les relations publiques et le lobbying permettent également d’exercer une communication d’influence afin de protéger et d’améliorer la réputation de l’entreprise. En termes militaires, on parle de PSYOP et en diplomatie de soft/smart power.

3 Piliers Intelligence Economique

L’information c’est le pouvoir ! Thomas Hobbes l’écrivait déjà dans le Léviathan au XVIIème siècle. Ce qui est toutefois plus récent, c’est l’émergence d’une société de l’information, une société de la connaissance où les technologies de l’information jouent un rôle fondamental. Les USA ont compris depuis fort longtemps que dans une société de la connaissance, le renseignement est ce que le pétrole était à la société industrielle, c’est-à-dire le principal carburant du moteur à explosion, et donc de la croissance. On peut aujourd’hui parler d’un complexe militaro-numérique. Edward Snowden a révélé que les USA avaient adopté déjà dans les années 1980 une stratégie visant à allier intérêts économiques, intérêts du renseignement, et intérêts militaires. D’ailleurs, le réseau Internet à une origine militaire (ARPANET).

En comparaison, la Suisse et ses entreprises ont un retard considérable en matière d’IE. Une véritable stratégie d’IE pourrait permettre à la Suisse de devenir un Etat stratège et de mieux anticiper – pour ne pas se laisser surprendre – des dénouements politiques tels que celui du au secret bancaire ou encore des fonds en déshérences. Par ailleurs, une politique de souveraineté numérique permettrait d’avoir d’avantage d’emprise sur nos réseaux informatiques, colonne vertébrale de notre économie. En fin de compte, il est crucial de rappeler que la souveraineté est la condition sine qua non de notre liberté politique et sociale. De plus, si « l’on fait la guerre comme on produit des richesses » (Bernard Wicht), les conflits futurs seront avant tout des conflits qui se cristalliseront autour de l’information, de ses systèmes et de ses réseaux.

En conclusion, l’IE est un outil qui peut également servir, comme le système de milice, de vecteur du transfert de connaissances entre la sphère militaire et la sphère civile.

La cybersécurité doit créer un cluster romand

La présence de trois acteurs forts dans le domaine de la cybersécurité dans un rayon de seulement 100 km, sans structure dédiée forte, est un signe fort à lui seul. ELCA, Kudelski et WISeKey montrent que la Suisse romande a une carte à jouer à l’échelle mondiale dans ce domaine-là.

Il s’y ajoute une forte présence des Hautes écoles, non seulement de l’EPFL, mais aussi de l’Université de Genève, de Lausanne, ainsi que d’HES comme la HEIG-VD. Cependant, malgré plusieurs initiatives et la création du Centre for Digital Trust à l’EPFL associant cette institution et plusieurs entreprises importantes du secteur privé, les efforts manquent de coordination.

Comparé à d’autres modèles, notamment en Israël, il manque en particulier un engagement fort de l’Etat. Car un cluster romand de la cybersécurité devait idéalement être chapeauté par un partenariat public-privé. Pour Christophe Gerber, responsable de la cybersécurité d’ELCA, la création d’un cluster est indispensable à l’objectif de créer une alternative crédible aux grands groupes américains. Il s’agit aussi de tirer bénéfice de la neutralité de la Suisse, un aspect qui gagnera en importance, tout comme le lieu de stockage des données, malgré le cloud.

Source : Agefi