Tokens et cryptomonnaies arrivent sur la bourse suisse

Le gestionnaire de la bourse suisse, SIX, a annoncé ce 6 juillet le développement du SIX Digital Exchange, une infrastructure de négoce des actifs numériques. Conçu pour pouvoir gérer de bout en bout les échanges et la conservation de ces actifs, le service permettra la tokenisation de titres ou d’actifs non financiers (titrisation en crypto-actifs). Sur la plateforme pourront alors se négocier cryptomonnaies et nombre de produits non négociables aujourd’hui affirme le communiqué de l’institution zurichoise.

Selon le responsable de la sécurité de l’institution, Thomas Zeeb, le défi n’est pas tant de mettre en place une plateforme de négoce que de créer de la confiance autour de ces échanges de crypto-actifs : «L’univers numérique est actuellement confronté à d’importants défis, notamment l’absence d’une réglementation qui offrirait une garantie officielle en termes de sécurité, de sûreté, de stabilité, de transparence et de responsabilité. Tous ces éléments contribuent au déficit de confiance. Les difficultés résident moins dans le négoce des actifs que dans leur conservation et leur gestion, y compris leur sécurité.» Avec cette initiative, SIX compte donc «combler le fossé qui sépare les services financiers traditionnels des communautés numériques», a pour sa part commenté son CEO, Jos Dijsselhof.

Source : ICT Journal

Quelle est la valeur du bitcoin ?

Le bitcoin aurait-il de la valeur, finalement? Absolument pas, affirment les nombreux banquiers qui déconseillent d’en acheter. Cette cryptomonnaie n’a rien de réel à quoi se rattacher. Elle ne représente pas une certaine quantité d’or, elle ne fluctue pas selon la compétitivité de l’économie d’un pays comme une monnaie classique et elle ne distribue pas de dividende comme une action. Bref, on ne sait pas comment lui attribuer une valeur intrinsèque. Le marché non plus, puisqu’en un an le bitcoin a successivement valu 2500 dollars, puis 19 000, et il en vaut 6500 actuellement. Le signe d’une confiance pour le moins fluctuante.

Des spécialistes s’évertuent cependant à lui attribuer une valeur. Le bitcoin est utile, assurent-ils, car il permet d’effectuer des transactions et il pourrait devenir un instrument de stockage de valeur, comme l’or. Sous ces conditions, le bitcoin pourrait valoir 65 000 dollars dans dix ans. Ou pas loin de zéro si le grand public n’adopte pas les cryptomonnaies, finalement.

La technologie derrière le bitcoin, la blockchain, est déjà vieillissante. De nouvelles «chaînes de blocs» sont en train d’être inventées, notamment en Suisse. Plus rapides, plus fiables et moins chères. Elles constitueront la colonne vertébrale de ce futur optimisé – voire idéalisé – que la technologie est censée nous réserver.

Nous nous trouvons à un moment historique semblable à celui des débuts d’internet. On ressent le même type d’effervescence que dans les années 1990. Des nombreux projets plus ou moins visionnaires qui ont émergé à l’époque, peu font toujours partie de notre vie quotidienne. Mais celle-ci a incontestablement évolué. Quel regard portera-t-on sur le bitcoin dans vingt ans? Peut-être le même que celui que nous avons sur les premiers téléphones mobiles. Un vénérable Nokia 3210, par exemple, ne permettait pas de faire grand-chose, mais on lui voue une certaine affection. Car il a été un précurseur, un premier pas, comme le bitcoin aura peut-être été le défricheur d’un nouveau monde. Elle est peut-être là, sa vraie valeur.

Source : Le Temps

Comment se financer via la blockchain sans ICO ?

Utiliser les nouvelles technologies pour lever des fonds sans faire d’ICO: une association romande explique comment faire et veut créer des standards.

Depuis que le bitcoin est devenu grand public, on entend que cette cryptomonnaie inspire de la méfiance, mais que la technologie qui le soutient offre d’immenses promesses. La même croyance se décline aujourd’hui au sujet des ICO, ces levées de fonds en cryptomonnaies qui connaissent un taux élevé d’échecs ou de fraude. C’est sur ce postulat qu’une association est lancée en Suisse romande, avec l’objectif d’expliquer comment une entreprise peut utiliser la technologie de la blockchain pour émettre des actions ou des obligations.

«Nous souhaitons instaurer de bonnes pratiques pour les entreprises petites ou grandes qui recherchent des fonds, en leur indiquant comment elles peuvent utiliser des jetons numériques pour émettre des titres. Cela profitera aussi aux investisseurs, qui pourront mieux comprendre les mécanismes de ces nouvelles levées de fonds», résume le président de la Capital Markets and Technology Association (CMTA), Jacques Iffland, par ailleurs avocat associé de Lenz & Staehelin.

L’étude d’avocats est l’une des trois entités fondatrices de la CMTA, aux côtés de la banque en ligne Swissquote et du spécialiste des logiciels bancaires Temenos, avec le soutien de l’Ecole polytechnique de Lausanne.

Les titres émis par ces nouveaux financements seront des valeurs mobilières classiques, alors que les jetons émis lors d’ICO offrent des droits (de bénéficier des futurs produits de l’entreprise financée par exemple). Le principal atout qu’offre la blockchain tient en un mot: la désintermédiation. Des entreprises pourront elles-mêmes émettre et attribuer des valeurs mobilières, sans l’aide de banques, et donc à un coût moindre.

Source : Le Temps